jeudi 27 février 2014

97. W16. 1945 Article de Samedi Soir

Archives des Cinquante Otages de Nantes (1941)
1945
Article du journal Samedi Soir


Classement : Affaire Romand







Je transcris ci-dessous un document des Archives départementales de Loire-Atlantique.
Référence :
Fonds 1694 W Affaires de guerre
Dossier 16 : attentat du 20 octobre 1941.

Les astérisques renvoient à des notes (sous la transcription)


TRANSCRIPTION
Coupure de presse (une colonne avec une photographie)

«  
J’AI ETE FUSILLE A NANTES ET CLOUE DANS UN CERCUEIL
(De notre envoyé spécial)

- J’ai été mort… Un mort cloué dans un cercueil… Un mort sur lequel la terre a été jetée pelle à pelle avec un bruit mat et lugubre.
L’homme qui parle ainsi s’appelle Jean Roman. Il a quarante ans, un teint basané, et il est actuellement lieutenant à la 3e D.I.A.
Son aventure est prodigieuse. Il la raconte lentement, presque malgré lui, effaré par ses propres souvenirs.
Parachuté à Nantes en septembre 1941 – son deuxième parachutage – il fut arrêté par la Gestapo. On n’arrivait pas à l’identifier. Il prétendait s’être évadé d’un stalag, mais comme il ne pouvait dire lequel, on ne le crut pas.
Il subit les traitements de rigueur : ongles arrachés, coups de pied dans le ventre, coups de matraque sur le crâne. Sa tête, tuméfiée, doubla de volume :
- Voyez comme vous êtes beau, ricana un Allemand en lui tendant une glace… Tous les Français seront ainsi bientôt.
Comme il ne parlait toujours pas, on lui annonça qu’il serait fusillé.
Il encaissa bien le coup ; ce qui le tracassait, c’était de savoir s’il aurait le temps de fumer quatre 

PHOTO INTERCALEE : soldat de profil, plan moyen rapproché, tenant un appareil photo, cigarette à la bouche. Pas de légende. 

gauloises cachées dans le col de sa veste.
Un jour, à neuf heures du matin, on le tire de sa cellule.
– Promenade, lui dit-on.
On le pousse dans un groupe de cinquante visages anxieux. Les cinquante otages fusillés à Nantes en Octobre 1941, parce que le Feldkommandant Hotz avait été tué.
– J’ai tout de suite compris, dit-il.
Le groupe se met en marche.
- Arrivés sur le grand boulevard, on nous place sur trois rang. Je me retourne : je vois des cercueils alignés. Je n’ai plus le temps de penser à rien. Un coup de revolver… Une rafale de mitraillette… Une autre Une autre encore… Je suis tombé… Je ne me souviens plus de rien.
La première chose qu’il entendit en revenant à la vie, fut un murmure confus de voix. Inconscient, il donnait des coups de pied dans son cercueil. On l’en tira alors qu’il était aux limites de l’épuisement. Deux civils, témoins de l’exécution, avaient cru remarquer qu’il n’était pas mort. A la nuit venue, ils étaient venus le déterrer. Ils le cachèrent dans une cave et réussirent à le sauver. Six semaines après il partait pour l’île de Bath (sic) et regagnait l’Angleterre.
Que sont devenus les sauveteurs ? Leur boutique – c’était des commerçants – est fermée. Sur le rideau de fer leur nom reste inscrit en blanc : Klopositch. Ils ont été déportés en juillet 1942, avec treize membres de leur famille, et l’on est sans nouvelles d’eux.
C’étaient, nous assurent les voisins, deux frères peu « causants » et taciturnes. Mais ont-ils su jamais, eux-mêmes, que cet être privé de connaissance, qu’ils ont caché des semaines, a fait rire le monde entier ? Peut-être, en se penchant sur lui, quand il commençait à murmurer quelques paroles, auraient-ils pu surprendre sur ses lèvres le refrain de quelque succès de Ray Ventura dont, comme pianiste, il a accompagné l’orchestre dans toutes les capitales ?


PHOTO : soldat en plan moyen rapproché tenant un appareil photo, cigarette à la bouche. Pas de légende. »

Notes


Commentaire
C'est évidemment un tissu d'absurdités.


































Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire